portraits
© ville de pau21 mai 2007
Francis Larrieu est professeur d'histoire au lycée Saint-Dominique. Sa formation, ses rencontres l'ont naturellement conduit vers l'écriture. «Emile Garet» et «Survivre à l'impensable», ses dernières publications allient expérience journalistique - il est correspondant pour la presse locale - intérêt pour une figure paloise méconnue ou mise en lumière d'anonymes au destin tragique.
«Ecrire sur Emile Garet date de mes années fac. Un sujet en DEA sur le rapport entre politique et journalisme et voilà l'idée lancée. Emile Garet, les Palois connaissent parce qu'il existe une rue à son nom. Ils sont peu nombreux à savoir qu'il est à l'origine du premier journal républicain à Pau : l'Indépendant. Conseiller municipal, député, conseiller général, il intervient sur la réalisation du boulevard du Midi, l'actuel boulevard des Pyrénées, et du parc Beaumont. Ce qu'il faut surtout retenir de cet homme, c'est qu'il a formé un personnage local à l'envergure internationale : Louis Barthou». D'un classique mémoire d'étudiant brossant le portrait d'une grande figure paloise, Francis Larrieu s'essaie avec succès dans un tout autre registre, celui de la Seconde Guerre Mondiale.
«J'ai lu énormément d'ouvrages retraçant cette tragique période de l'Histoire contemporaine. Je ne voulais pas copier ce qui avait été fait.
J'ai choisi de laisser parler 9 survivants, 9 miraculés habitant la région. Certains parce que je les connaissais, les autres en affinant mes recherches. J'ai souhaité que mon écrit soit accessible à tous, surtout les jeunes, qui s'interrogent toujours sur cette époque, semblent «fascinés» par tant d'horreurs ».
Francis Larrieu s'est appuyé sur des documents inédits et personnels, des images amateurs jamais diffusées, le dernier message jeté par la fenêtre d'un train. Des réfugiés espagnols fuyant le franquisme et entrant en résistance, des personnes de confession israélite échappant aux rafles de Bordeaux ou du Vel d'Hiv, des rescapés d'Oradour sur Glane, des résistants envoyés à Auschwitz ont accepté de livrer leurs souvenirs.
«J'ai relaté ces tranches de vie, en les inscrivant dans le présent, pour que le lecteur endosse la peau des survivants heure après heure. Pour cela, il était nécessaire d'avoir leur confiance. En utilisant le dictaphone, la parole s'est libérée, l'émotion devenait palpable, on sentait l'intrigue s'intensifier»... et si l'Histoire n'était qu'une succession de « petites » histoires anonymes.
«Emile Garet» (2004) et «Survivre à l'impensable» (2005) sont disponibles dans toutes les librairies paloises.
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