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A LA DÉCOUVERTE DE NOTRE PATRIMOINE

21 mai 2007

Pau est une ville aux mille facettes, pétrie par les mains de ses habitants, chantée par ses poètes ou ses écrivains, mise en couleurs par ses peintres et modelée par ses sculpteurs. Elle est porteuse de rêves magnifiques, d'histoires et de légendes.

Notre ville bénéficie d'un enracinement sensible dans un paysage exceptionnel qui semble campé pour éveiller et embellir l'âme. Coquette, Pau a ses secrets qu'elle ne dévoile qu'à ceux qui savent l'aimer. Elle se fait tantôt humble ou arrogante, besogneuse ou aristocratique, triste ou rayonnante. Oui, il y en a pour tous les goûts mais pour ceux qui la connaissent, Pau, ville d'art et d'histoire, est avant tout une ville généreuse ; une ville heureuse de rendre heureux.

Du haut de son donjon de briques, face aux montagnes amies, Pau se fait royale et offre aux Français leur roi préféré, Nousté Henric. Départ de toutes les légendes, le roi pacificateur, le roi bien-aimé, appose son empreinte et transforme la forteresse médiévale en Palais Renaissance ; le ton est donné. Pau ne ressemblera à aucune autre ville.

En 1806, en route pour l'Espagne, Napoléon y arrête ses pas. Là, l'Aigle se fait romantique et offre aux Palois les terrains qui leur permettront, presqu'un siècle plus tard, de dresser les arches du futur boulevard des Pyrénées.

A côté du Château d'Henri IV, Jean Lafourcade-Camarau, un jeune Béarnais placé enfant comme domestique auprès de l'Ambassadeur de France au Brésil, revient au pays fortune faite et construit le deuxième palace français équipé d'un ascenseur, « électricité et eau chaude à tous les étages ». C'est l'hôtel Gassion où descendront les personnalités les plus en vue de la Belle-Epoque. A deux pas du Gassion, voilà la Place Royale aux cent tilleuls. Le premier de ces arbres fut planté très cérémonieusement par le docteur Alexander Taylor, l'homme par qui le miracle est arrivé, celui qui a transformé le petit bourg de province en cité des mille et une nuits en faisant venir, grâce à son livre consacré aux « Vertus du climat de Pau », le gotha anglo-saxon et les puissantes familles américaines.

Pour les Palois, la place Royale c'est aussi la mairie, ancien théâtre dont le chapiteau est orné par la statue de Thalie, Muse de la Comédie au front étoilé.

Au coin de la place Royale, l'Hôtel de France, concurrent direct du Gassion qui abrite aujourd'hui les services de la Communauté d'agglomération Pau-Pyrénées. C'est d'ici que commence le boulevard des Pyrénées, la « sublime terrasse » pour Maurice Barrès, « La plus belle vue de terre » pour Lamartine et sans aucun doute, la promenade préférée de tous les Palois.

Tout le charme de Pau y est concentré, vitrine vivante et unique de plus de cinq siècles d'architecture où se côtoient palaces désuets, villas anglaises, maisons art-déco et immeubles modernes. Sur la rambarde, les noms des pics sont marqués. L'antenne d'une cheminée de briques, comme un rappel du donjon fébusien, sert à reconnaître les monts : Vignemale, Ossau, Gabizos, visions consolatrices, ces glaciers rosissant sous les lueurs de l'aube sont nos montagnes confidentes. Un jour vertes, le lendemain toutes blanches, le plus souvent transparentes et bleutées, elles ne sont jamais les mêmes ; elles s'amusent de nous.

Derrière la célèbre brasserie de l'Aragon et sa terrasse ensoleillée se dressent les colonnes à l'Antique du Palais des Pyrénées. Le vieil édifice a retrouvé tout son lustre cet été. C'est le nouveau coeur battant de la ville, le lieu de rencontre des Palois et des amoureux du lèche-vitrines. Ici, plus de voitures, place au calme, la détente est de mise.

La place Clemenceau a elle aussi fait peau neuve et les ouvriers qui l'ont investie pendant plus d'un an mettent la main aux dernières finitions. Les façades ont été rajeunies, Pau affiche des couleurs pimpantes qui rompent enfin avec le gris sinistre qui a trop longtemps été de mise. Nouveaux commerces, cafés et restaurants accueillants font de la place Clemenceau et du Palais des Pyrénées le nouveau lieu de vie et d'échanges qui manquait cruellement depuis de longues années.

Remontant la rue Latapie, qui a vu grandir le poète Saint-John Perse, prix Nobel de littérature en 1960, le promeneur contemple la magnifique chapelle du Lycée, Saint-Louis de Gonzague. Sa superbe façade à l'italienne a bien failli disparaître quand, en 1930, le maire Alfred de Lassence vote sa destruction. Heureusement, l'idée ne fut pas suivie d'effet. Sa construction est un long parcours du combattant. Voulue par les Jésuites dès 1679, sa construction sera abandonnée. L'édifice deviendra successivement un entrepôt de bois, un magasin de fourrage, un manège d'équitation et elle finit par être affectée au culte le 11 novembre 1851.

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