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VIVRE AU RYTHME DES PALOIS

15 septembre 2005

Flanerie, culture, shopping... les multiples saveurs du centre-ville. Commencez cette ballade en partant de la Place Royale, face aux Pyrénées.

© ville de pau

La Place Royale fut construite vers 1687, après la révocation de l'Édit de Nantes, pour exalter le culte du Roi Soleil. L'église Saint-Louis, prévue du côté nord de la place Royale, ne vit jamais le jour. Quant à la statue à la gloire du roi, modestement pédestre, elle s'ornait de cette inscription pour le moins moqueuse : 'À Louis XIV, le petit-fils de notre glorieux roi Henri'... Elle disparut à la Révolution Française. C'est au XIXe siècle que la place Royale prend tout son lustre, avec l'inauguration d'une nouvelle statue... d'Henri IV, par Louis Philippe, pour honorer son ancêtre. Bordée d'hôtels somptueux, ombragée de ses tilleuls, elle devient le centre des élégances. Au nord et à l'est de la place Royale, l'hôtel de ville et l'hôtel de France, ensemble de bâtiments restaurés au XIXe siècle, abritent les sièges décisionnels de Pau et de l'agglomération de Pau-Pyrénées.

Une rambarde d'orientation
Cette rambarde de 1.800 m qui borde le boulevard des Pyrénées a son petit secret. Placez-vous face aux Pyrénées. Portez le regard vers la plus haute cheminée. Lisez la rambarde : elle vous indique le nom du sommet situé juste derrière la cheminée.

Jean-Charles Alphand
L'architecte Alphand, collaborateur du baron Haussmann, fut chargé de l'administration des promenades parisiennes. Le Bois de Boulogne, les Buttes-Chaumont, le parc Montceau, le boulevard Richard-Lenoir portent son empreinte. Comme le très palois boulevard des Pyrénées, qu'il dessina.

Le Boulevard des Pyrénées
Ce boulevard, bordé de superbes édifices, admirablement fleuri, surplombe toute une série de jardins. Du belvédère, où l'on peut encore lire Le Cor, poème d'Alfred de Vigny gravé dans la pierre, on contemple le magnifique panorama dont s'éprirent les poètes romantiques.

L'hôtel Gassion
Entre l'église Saint-Martin et le Parlement de Navarre se dresse l'ancien hôtel Gassion. Ce palace Belle Epoque fut inauguré le 21 septembre 1872 et agrandi en 1878. Il représente les fastes de la station touristique de Pau au XIXe siècle. Novateur tant par sa fonction, son organisation que ses services, il fut considéré comme le plus beau palace d'Europe.

Le Palais Beaumont
Un palais d'hiver fut créé en 1900 à la demande de la riche clientèle de villégiature étrangère. Rénové à maintes reprises, il abrite aujourd'hui les jeux du casino et le centre de congrès, classé parmi les plus beaux d'Europe.
La rénovation récente est due à l'architecte François Lombard. Elle peut être comprise comme un hymne à la lumière, aux jardins et aux Pyrénées, valorisant la façade sud.
Cet embellissement s'est effectué en maintenant les façades sud néo-classiques, agrémentées d'un bassin. L'ornementation 'pâtisserie' 1900 des deux campaniles vise à maintenir l'élégance et la symétrie du site.

Le musée des Beaux–Arts
Le musée des Beaux-Arts de la ville de Pau offre, outre le chef-d'oeuvre de Degas 'Le Bureau de coton à la Nouvelle-Orléans', une très belle collection diverse et variée des écoles flamandes, hollandaises, italiennes, espagnoles et françaises du XVe au XXe siècle.
C'est l'un des plus grands musées d'Aquitaine de par ses collections. Situé dans un bâtiment caractéristique des années 30, il conjugue à merveille classicisme et modernité dans son architecture.

Chaque année, le musée s'enrichit de plusieurs nouvelles acquisitions. En plus de son activité patrimoniale, le musée effectue une démarche pédagogique constante en direction des scolaires et des étudiants : initiation à l'art pour les plus jeunes, et visites commentées sur rendez-vous.

Outre Degas, citons Le Greco, Giordano, Rubens, Fantin-Latour, Morisot, Lhote, Marquet, Flandrin, ainsi que des peintres régionalistes comme Galos, Poumeyrol, Laborde... Le musée des Beaux-Arts de Pau propose également trois à quatre expositions annuelles.

Quelques célèbres élèves du Collège des Jésuites...
Lautréamont Isidore Ducasse, dit comte de Lautréamont, fut renvoyé en 1865 du collège des Jésuites pour dissipation, après deux années d'études... et de réprimandes. Il mourut à 24 ans, en laissant une oeuvre poétique flamboyante, 'Les Chants de Maldoror'.

Louis Barthou
Louis Barthou, né en 1862, plusieurs fois ministre de la IIIe République, président du Conseil, sénateur et académicien, il fut aussi l'auteur d'ouvrages historiques. Il mourut à Marseille en 1934 lors de l'attentat contre Alexandre Ier de Yougoslavie.

Saint-John Perse
Né aux Antilles en 1887, Alexis Léger, dit Saint-John Perse, étudia à Pau, entre Pointe-à-Pitre et Bordeaux. Poète et diplomate, il écrivit dans une langue riche une oeuvre aux visions amples, aux métaphores étranges : Éloges, Anabase, Exil, Amers... Il reçut le Prix Nobel de littérature en 1960.

Le collège des Jésuites
Quand Louis XIII rend "Pau la Protestante" au culte catholique en 1620, il offre aux Jésuites de construire un collège. Mais dès 1763, ils sont expulsés de cette école bâtie dans la plus pure tradition béarnaise, et remplacés par d'autres congrégations. Lycée impérial, royal puis national, le lycée Louis-Barthou a éduqué nombre d'élèves célèbres : Lautréamont, Saint-John Perse, Louis Barthou...

Henri Duboué
Au n° 4 de la rue Serviez, une plaque commémore les recherches scientifiques du Dr Duboué. Exerçant la médecine à Pau, il adressa à Pasteur son Mémoire sur la pathogénie de la rage. Mais ce fut le biologiste qui tira le bénéfice de la découverte de la vaccination. Rien ne dissipa l'amertume du Dr Duboué.
En 1897, Pau lui rendit hommage en nommant une rue à son nom.

Pau, ville anglaise
Au début du XIXe siècle, les guerres napoléoniennes amènent à Pau les soldats de Wellington. Séduits, ils y reviennent, en touristes. Bientôt, les bienfaits du climat attirent plusieurs milliers d'hivernants étrangers. Les Anglo-Saxons donnent le ton. Pau en porte l'empreinte : le premier golf du continent, l'église anglicane St Andrew et près de trois cents villas aux parcs somptueux.

Alexander Taylor
En 1837, ce jeune médecin de la Légion auxiliaire britannique s'installe à Pau pour se soigner du typhus. Il guérit et publie un ouvrage sur les vertus curatives du climat palois ! Son livre eut un tel retentissement en Angleterre qu'il consacra définitivement Pau comme station climatique.

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